LIBERATION

     Cela fait déjà dix ans que je fais de la photographie et après une période d’expérimentation autour de différentes techniques - photomontages, collages numériques, colorisations manuelles des images, etc. –, j’ai opté pour l’argentique et choisi de concentrer mon travail sur l’autoportrait.

     Etant ukrainienne, je ressens depuis toujours une pression culturelle et familiale car dans mon pays, la femme doit avant tout être belle et apprêtée, conditions sine qua non pour trouver un mari. En même temps, ma mère m’a mis en garde : « La vie, ce n’est pas comme au cinéma, sexualité rime souvent avec MST ou maternité ». Ces propos m’ont profondément marqué et depuis toujours, j’ai du mal à m’accepter telle que je suis.

       A l’âge de 23 ans, j’ai connu une période difficile - syndrome de côlon irritable –, j’ai perdu presque 10 kilos et j’ai eu une de pression. Pour la première fois, je m’interrogeais sur mon physique, plus précisément sur ma sexualité.

      Je savais que j’étais une femme attirante mais j’avais trop peur de m’exprimer et de m’habiller comme je voulais, ayant toujours à l’esprit les mots de ma mère. C’est ainsi que j’ai commencé à me construire un personnage en changeant de style vestimentaire. Pièce maîtresse de cette transformation, le corset dont le rêve depuis toujours, à la fois objet érotique, fétichiste, de torture.

    Avec cette série intitulée « Libération », je veux exprimer la dualité qui m’anime, l’opposition entre mon corps et mon esprit. Le corset est devenu le symbole de cette contradiction.

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